23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 11:20

Pourquoi l'être humain a-t-il besoin de règles pour coexister ?



La notion de besoin.

L'intitulé de notre thème s'articule autour de la notion de besoin, ceci sous-entend que nous devons nous placer dans une perspective fonctionnaliste impliquant que le rapport entre l'être humain et les règles il y a une nécessité afin de mettre un S à humain.


Employer la notion de besoin, nous conduit à accepter que l'on modélise la société humaine au fonctionnement du corps humain, et qu'ainsi, tout ce qui existe dans notre société est socialement utile, et remplit une fonction univoque, tel un organe pour concourir au fonctionnement harmonieux d'un ensemble biologique.

Il n'y a donc dans notre thème de réflexion nul questionnement nous demandant de réfléchir sur la nature du lien pouvant exister entre l'humain et les règles, mais uniquement sur sa fonction.


En reformulant le thème, on pourrait énoncer la question suivante : Les règles nous servent-elles à vivre ensemble ?



Pour éclairer ce questionnement je présenterais rapidement deux point de vue, l'un ontogénétique en prenant appui sur la fonction de la règle dans l'évolution du jeu chez l'enfant, l'autre phylogénétique sur la constance des règles dans les sociétés humaines.

Bien sûr je ne ferai que survoler ces thèmes afin de ne pas alourdir le temps de présentation.



Perspective ontogénétique.

Lorsque le jeu de l'enfant, vers 2 ans, se différencie de celui de l'animal, c'est essentiellement par l'imaginaire que cela se produit (jeu d'imitation, du faire semblant), la règle est alors individuelle, fantasque, et varie au gré des thématiques. L'enfant n'a pas besoin des autres...

Puis l'enfant joue avec les autres, d'abord côte à côte puis ensemble. Certaines règles apparaissent pour ordonner le jeu, mais elles sont fluctuantes. Dans les jeux individuels, elle est encore arbitraire (suivre le bord du trottoir, marcher sur un pied, répéter une phrase difficile, etc.)

Puis plus tard, dans les jeux collectifs et traditionnels, les règles, souvent héritées du passé, deviennent très strictes, impliquant souvent des comportements rituels (la transgression de la règle s'accompagne à ce moment d'une forte réprobation collective)

De cette rapide évocation, on remarquera d'abord que la règle permet à l'enfant de jouer avec les autres, la soumission à la règle permet l'action collective.

Donc pour revenir à notre thème, la règle permet à l'enfant de co-exister [exister avec les autres] !!!

Une seconde remarque, peut-être pas anodine, attire notre attention sur le fait que dans la cour de l'école les filles, lorsqu'elles jouent, elles s'entraînent au respect de la règle tandis que les garçons recherche la prouesse et jouent avec la règle !!



Perspective phylogénétique

CLS a cherché et montré qu'au-delà des cultures différentes il existe des règles immuables qui caractérisent l'espèce humaine.

Pour donner un exemple, désormais célèbre, il met en évidence la règle de la prohibition de l'inceste, qui interdit le mariage à l'intérieur d'un certain champ de parenté, est à la fois universelle (elle existe comme telle dans toutes les sociétés) et relative (elle se présente sous des modalités différentes dans les différentes sociétés).

En fait, cet interdit n'est que le négatif (au sens photographique du terme) de la règle fondamentale de l'échange (la réciprocité du don) sans laquelle la société ne pourrait exister : interdire l'union dans le groupe, c'est induire l'échange des conjoints entre les groupes et donc l'alliance.

Cette évocation rapide, d'une règle qui organise et structure des sociétés, illustre une phrase de CLS : "partout où la règle se manifeste, nous savons avec certitude être à l'âge de la culture".

On voit ici que la fonction de la règle est de permettre à la société d'exister, c'est-à-dire, dans sa perspective de passer de l'état de nature à celui de culture.

Dans le même esprit, j'aurai pu évoquer ce que disait S Freud dans "Totem et tabou".



Questionnement.

Au-delà des règles que je viens d'évoquer, que l'on pourrait qualifier, pour aller vite, de contrat pour les jeux de l'enfant, de morale pour ces règles structurales, il existe aussi d'autres règles plus modernes, plus changeantes, plus politiques telles que : le droit, et la législation.

Ils apportent d'autres réponses sur les règles de vie en société humaine.


C'est ce que nous allons vous proposer maintenant :





Le droit établit le cadre général des relations humaines comme les droits de l'homme, on peut parler d'un droit universel.

 La législation, les lois, sont différentes, elles ne sont pas universelles mais propres à chaque pays.


Ces règles qui nous permettent de vivre ensemble ne nous séparent-elles pas ? que doit-on penser de ces lois qui sous-entendent dans leur esprit leur transgression, puisqu'elles donnent lieu à des interprétations apparaissant ensuite sous la forme pudique de jurisprudence ?


. Jean Chateau, Le jeu de l'enfant, Paris, Vrin, 1967.

. Claude Levi-Strauss, Les Structures élémentaires de la parenté (1949), Tristes Tropiques (1955).



André


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 Autre contribution :

1 - la nécessité de vivre en commun


L'homme est un animal social, il ne peut pas vivre seul longtemps, il doit donc vivre en société. La société renvoie à une réalité primitive qui concerne presque tous les vivants. On peut la définir comme un regroupement d'individualités, structuré par des liens de dépendance réciproque, et évoluant selon des schémas réglés.


L'homme a intérêt à vivre en groupe : satisfaction des besoins physiologiques, intérêts économiques, reproduction de l'espèce, recherche du bonheur, liens sociaux avec les autres.



2- la nécessité d'avoir des règles pour vivre ensemble


Contrairement à Rousseau qui pensait que l'homme est fondamentalement bon et que c'est la société qui le pervertit, on peut avancer maintenant qu'il est fondamentalement mauvais et que c'est parce que le mal existe que les lois sont nécessaires.

 

Un des pourquoi :

La vengeance est une réaction naturelle de l'homme au mal qui lui est fait. Dans un monde sans loi, c'est la loi du plus fort qui s'applique, mais le plus fort n'est pas assuré de le rester, il n'est pas à l'abri de la vengeance du plus faible. Une vengeance en appelle une autre, la loi met un terme au cycle inépuisable de la vengeance en prévoyant la sanction de tout criminel. (Charles Pépin)


La règle indique le droit chemin à emprunter pour agir conformément aux normes en vigueur dans tel ou tel domaine de la pensée ou de l'action, ou aux principes qui prescrivent la voie à suivre pour atteindre une certaine fin.


A vous maintenant de nous dire votre pourquoi et de réfléchir sur :

3 - Que se passe-t-il quand il n'y a plus de règles ou quand la règle est mauvaise ?


René Girard et la théorie du bouc-émissaire

Les nazis et les collabos qui obéissaient à la loi


FP



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commentaires

imran elmourtaqi 04/02/2014

merci

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