Mardi 10 mars 2009 2 10 /03 /Mars /2009 19:44

CAFE PHILO

 

 

Au bar Le CHANTILLY à SOUSTONS

1er et 3ème mercredi de chaque mois de 18 h 30 à 20 h

 

 

RENCONTRES ET DISCUSSIONS

 

 

Mercredi 18 mars 2009

 

 

Qu’est-ce qui fait notre identité ?

 

 

 

Ouvert à tous

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Mardi 10 mars 2009 2 10 /03 /Mars /2009 19:40
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Mardi 10 mars 2009 2 10 /03 /Mars /2009 19:05

Le voyage forme-t-il encore l’homme ?

 

 

« Moi, Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie »

Saint-Jean 14, 6-14

 

Nomadisme originaire

 

Les hommes n’ont pu devenir sédentaires qu’avec l’agriculture, puis les ressources alimentaires devenant suffisantes, ils ont construit des villes. Depuis sédentaires et nomades ont cohabité plus ou moins bien.

 

La vie des cités grecques a amené une pensée philosophique centrée sur l’ordre cosmique, le but de la vie étant d’accomplir la perfection propre à sa nature et ceci à sa place dans le cosmos. La notion de progrès n’existe pas. Le temps est circulaire. L’espace est sacralisé. Conception immanente de l’univers.

 

Les nomades (sémites par exemple) sont passé du temps circulaire à la flèche du temps (d’où la notion de création). Ils ont désacralisé l’espace, mis l’accent sur la temporalité et surtout sur l’altérité, jusqu’à la transcendance. Création et non émanation. Intériorisation.

 

L’être humain est alors un pèlerin qui mène un chemin d’existence devant lui permettre d’effectuer un progrès. Il actualise. Il n’est pas un être dont l’essence est toute faite à la naissance et dont les actes seraient un simple déploiement de l’être dans le temps. Le voyageur construit son essence au fur et à mesure des expériences de son voyage.

Par delà la découverte de lieux intéressants, il fera surtout des rencontres sous réserve d’être à l’écoute active d’une présence : celle de ses semblables et pour le croyant celle de son créateur.

 

Voyage et littérature

 

Odyssée

Graal

Montaigne

Cervantès, Don Quichotte

Le Juif Errant

Romantiques : Chateaubriand, Lamartine

Thoreau, Walking

Jules Vernes

Baudelaire, Le Voyage

 

Pèlerinages

 

Jérusalem, Rome, Compostelle, Lourdes, La Mecque

 

Existence

 

La perception que nous avons de l’existence est celle d’un flux temporel qui s’écoule inexorablement.

Comparaison avec un voyage qui s’étale dans l’espace.

Suite d’événements qui interrogent le sujet, provoquent des réactions de sa part.

 

Vie des êtres vivants et organisés

 

Fondée sur : la perception de l’environnement extérieur, la mémoire (cumulative), la possibilité d’agir sur l’extérieur et de se modifier.

La vie organique se déploie dans un cheminement.

Ce cheminement, d’une part oppose une résistance à la vie, un mal, une souffrance, d’autre part donne des possibilités d’évolution de cet organisme du fait de sa capacité à s’adapter aux situations inconnues, en se modifiant.

Cette vie permet au vivant de sortir d’une condition originelle pour construire une nouvelle condition. La graine abandonne sa condition pour se métamorphoser en épi de blé.

 

Question :

Pourquoi cette nécessité de transformations sans fin ?

Pourquoi l’épreuve, le mal, la souffrance ? Peut-être l’entropie qui désorganise ?

 

 

Voyage et existence

 

La vie intelligente, réflexive, exige une mise à distance du réel. Il faut sortir du moi.

Le voyage  est semblable à cette vie qui s’écoule en quête de sens. Le sujet humain ne peut se construire que par confrontation (plutôt tension, polarité) avec le monde réel, les événements et la rencontre d’autrui. Un état statique signifierait la mort. La vie humaine est un effort permanent pour constituer la personne. Elle s’effectue non par accroissement ou assimilation mais par transformations successives.

 

Transformation, transfiguration, divinisation, transvaluation, transduction, transmigration, renaissance, métamorphose, transmutation, émergence, etc.

 

Dépense, consommation des ressources externes  => transformation intérieure du sujet

 

Voyage

 

Le voyage est une clef pour sortir du corps, de l’espace, du temps. Le désir, la frustration, le manque sont probablement les moteurs du processus

Espace, temps et corps sont la prison du moi.

Clôture du sujet.

Vie où il ne se passe rien : Le Désert des tartares de Dino Buzzati.

Une vie passée dans le monde imaginaire sans rupture de l’isolement du moi mène à la mélancolie, à l’anéantissement du sujet.

.

# Voyage à l’époque des philosophies réalistes (Grecs jusqu’au Moyen-Âge)

Autrefois la fin du voyage était un retour, une conversion, un retour à l’origine ou au principe, retour suite à l’égarement ?

Rejoindre le lieu propre à sa nature (essence) au sein du cosmos.

Le voyage est un cheminement spirituel qui permet le retour au réel qu’il suffisait de contempler et non de chercher dans l’imaginaire ou le concept.

Expérience religieuse de rencontre avec le divin. Voyage Mystique.

Chemin de la perfection, Montée au Carmel.

 

# Passage du réalisme à l’idéalisme. (à partir de Descartes)

Aujourd’hui il s’agit de progrès, voire d’utopie, de suppression de toute aliénation.

Conquérir la nature pour assurer le progrès, construire l’homme nouveau.

Le voyage est un cheminement vers le nouveau, vers une condition meilleure permise par la raison et le progrès scientifique et technique.

 

La seule sortie dans l’espace et le temps (physique newtonienne, science moderne) ouvre sur la connaissance scientifique et la technique.

Seul le risque de franchir la distance infinie qui me sépare d’autrui permet la rencontre entre personnes et la possibilité de tenter une communauté humaine.

 

Il faut entrer dans l’univers de la liberté, de l’interaction, de l’émergence, de l’inconnu, de l’imprévisible, du risque d’être déçu ou trompé, de l’empathie, de la valeur.

Aristote, Kierkegaard, Levinas, Ricœur, Henry, Marion.

 

Le voyage est le lieu spatio-temporel et intérieur de cette quête.

Le cheminement intérieur peut emprunter la voie de l’inconscient, donnant place aux émotions, aux sentiments, aux passions, aux croyances. 

Mécanisme d’apprentissage

 Chaque événement est perçu, représenté. Il est traité aussi bien au niveau des émotions que de la raison discursive. Des comportements sont enregistrés, des données mémorisées. L’expérience de la vie se forge ainsi.

 Voyageur ou vagabond

 Jean Brun, Les vagabonds de l’Occident, Desclée 1976 

Jean Brun montre comment l’homme moderne a remplacé le voyage comme déverrouillage de la clôture du moi par la croyance illimitée dans le progrès technique. L’homme contemporain, adepte des doctrines de la déconstruction du moi, est devenu un vagabond en pleine errance.

 Terme du voyage

 La connaissance de l’univers
La sagesse

La perfection de l’être

L’épanouissement de l’individu

La puissance vitale maximale

L’harmonie avec le cosmos

Le paradis

Les lendemains qui chantent

Une rencontre avec autrui

Une présence

La présence de l’absolu

La satisfaction de tous ses désirs

L’extinction de tous les désirs

Une transformation émergeant sur un ailleurs

La béatitude

L’extase

Le bonheur

Le bien commun

L’universel

 

On a en général une amélioration.

 

Conclusion

 

« Accroche ton char à une étoile », Rabindrana Tagore

 

La dignité d’une pensée se mesure à la noblesse des fins qu’elle se donne.

Une valeur n’est authentique que si elle vise l’absolu, le sacré au sens de ce qui justifie le sacrifice ultime.

 

Le vagabondage existentiel est une fuite, un refus d’affronter le tragique propre à la finitude des hommes. L’imaginaire l’emporte, doublant un réel insuffisamment gratifiant, mais sans issue.

 

L’Occident contemporain propose une philosophie fondée sur l’idée rationnelle et universelle.

C'est-à-dire sur un arrière monde intellectuel. La raison est première. La relation interpersonnelle est au second plan. Foi, croyance, confiance sont reléguées au niveau de la superstition populaire.

 

Un humanisme authentique redonne la primauté à l’expérience humaine, même si la raison doit compter avec les aléas de toute relation humaine et accepter la confiance, le crédit accordé à autrui, non rationnel et toujours soumis à risque.

 

Le christianisme propose une communauté de personnes humaines. La relation intersubjective  est première. Cette communauté est fondée sur une rencontre, une alliance avec Dieu, par la médiation du Christ. C’est le chemin proposé par l’Evangile. La foi y est indispensable.

 

Dans tous les cas, le voyage intérieur alimente la conscience. Le sujet clôt sur lui-même doit exercer un effort permanent pour être relié au réel, réel indispensable pour assurer sa transformation continue, seule voie d’une individuation positive. Oui, la vie humaine est un voyage.

 

 

Jean-Claude

 

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Vendredi 27 février 2009 5 27 /02 /Fév /2009 21:29

Pourquoi prend-on des photos ?



Réflexions sur un point particulier


Parmi les amateurs de photographie, on rencontre des « collectionneurs ».

De 2001 à 2007, dans le cadre du Collège International de Philosophie, Marie-Claude Lambotte , psychanalyste qui travaille sur la mélancolie depuis 1980, a dirigé un séminaire sur le sujet. Elle a fait intervenir des collectionneurs pour illustrer le lien entre la mélancolie, la visée esthétique dans la mélancolie et la figure du collectionneur.


Mélancolie


La mélancolie est un des termes possibles pour exprimer la mélancolie (bile noire en grec, chez Aristote), l'acédie (Evagre le Pontique), le bovarysme (terme médical), le spleen, l'ennui, la dépression aujourd'hui.

 

Collectionneur

 

Le collectionneur de photographies va reconstituer un monde plus consistant que le monde sans relief et sans valeur propre au sujet mélancolique, à partir des objets photographiques.


Ci-après le résumé d'un entretien radiophonique de Mme Lambotte  qui résume bien sa pensée, en particulier sur le thème du collectionneur.


Résumé de l'entretien

 

MELANCOLIE

Comment le processus mélancolique introduit à une visée intentionnelle esthétique

Marie-Claude Lambotte

France-Culture, Mardi 12 décembre 2006


Ce qu'est cette visée intentionnelle esthétique ?

Question de l'objet esthétique dans la contemporanéité et la modernité.

Processus d'esthétisation.

Futurisme, utilisation de n'importe que objet, en particulier la guerre ?


Question de l'originaire.

L'originaire fait partie du processus esthétique. Il s'agit soit de retrouver, soit de construire avec une situation ou un objet quelque chose d'esthétique, de l'ordre d'un isolat extrêmement général de la sensorialité. Un premier moment, ou plutôt un premier temps de sensorialité ou affectivité, avant même de parler du sens. Avant même l'avènement d'un jugement prédicatif.

Epiphanie, émergence de l'objet.

Temps originaire.

Quelque chose de l'ordre du monde, d'un pré donné, (Husserl), du « il y a ».

Comment de ce « pré donné » émerge la question de l'individuation, de la singularité, de l'objet.

Objet esthétique - objet artistique.

L'objet esthétique relève d'u domaine plus large que l'objet artistique.


L'objet artistique, ou l'œuvre d'art,  est conçu par l'artiste, il est de plus présenté au public. C'est le public qui consacre la production de l'artiste en œuvre d'art. Le public désigne l'œuvre d'art.

Entre l'objet esthétique et l'œuvre d'art : le symbolique.

L'œuvre devient œuvre d'art, dès qu'un petit groupe la reconnaît comme telle. D'où la question de l'art contemporain.


L'objet esthétique, est un objet qui se trouve mis en exergue par cette activité d'organisation, de composition du sujet mélancolique et qui a pour fonction de focaliser le regard du sujet mélancolique et de redonner une perspective au monde.

Sujet mélancolique décrit la réalité comme dépourvue d'affectivité, sans relief : en 2D et non 3D. Pas de profondeur. Tous les objets juxtaposés ont la même valeur. Les objets sont substituables les uns les autres. Aucun objet n'a alors plus de valeur. Donc juxtaposition d'objets équivalents sur une surface plane. (au sens du ressenti et non de la géométrie).

Deux registres se côtoient de manière disparate : le cognitif et le sensible. Il n'y a pas d'interpénétration.

Il y a nivellement de la réalité pour le sujet mélancolique.


Au cours de la cure, un troisième lieu permet au patient une activité de composition, d'organisation de l'environnement. Manie de réorganiser l'aménagement des meubles. C'est encore la relation par le patient d'une promenade solitaire sur le mode de la description d'un tableau. L'analyste est censé avoir le même intérêt que le sujet mélancolique. Dans un premier temps le discours du mélancolique est très négatif, jusqu'à l'émergence d'un troisième lieu, où le patient et l'analyste semblent partager un intérêt commun pour cette description. C'est là que s'opère le mécanisme du transfert.



La réorganisation de l'environnement aboutit à donner du relief à tel ou tel objet, lequel intervient comme opérateur perceptif. Focalisation du regard et possibilité d'une perspective. Non seulement dans le domaine cognitif toujours opérant, mais aussi dans le domaine perceptif. Cet objet, qui a subi une transformation (au départ objet banal) joue un rôle d'objet perceptif. Il s'agit de redonner de la perspective au monde (pour le sujet mélancolique). Vision restreinte. Il restera de l'invisible. Une vision partielle laisse de l'invisible. Cet invisible suscite le désir. Intentionnalité qui se rétablit.

Husserl, Merleau-Ponty


Difficulté de se représenter un originaire ante prédicatif. C'est-à-dire où la conscience n'interviendrait pas. (pré donné). Question de la synthèse passive. La conscience n'y intervient pas. Husserl parle d'un inconscient phénoménologique. Il faut reconstruire cet originaire, car on est dans la fiction.


Le séminaire a débuté l'étude de la mélancolie avec la psychanalyse puis s'est orienté vers l'esthétique. Nous retournerons à la psychanalyse avec la question de l'originaire. Inconscient lacanien. Représentations primitives chez Lacan sensées former un inconscient structuré, auquel nous n'avons pas accès. Accès seulement aux représentations refoulées. (représentants de représentations pour Freud). Il y a un originaire de l'inconscient qui attire ces représentants de représentations. L'inconscient lacanien est structuré comme un langage. Langage au niveau fonction et non structure. Le principe de plaisir est du coté de la fonction. Homéostasie. On peut aussi voir sous l'aspect structure, avec la question de l'hallucination.


Freud, l' « expérience de première satisfaction » du nouveau-né. Laissé seul , le bébé va à nouveau faire l'expérience de la faim. Il va retourner par régression dans l'appareil psychique sous forme de première perception. A savoir aller vers l'hallucination. Cette régression ne va  pas l'apaiser. L' « preuve de réalité » va alors se mettre en place. Ce qui va empêcher ensuite la régression. Barrage au pôle hallucinatoire. Le bébé va pleurer jusqu'à ce que la mère satisfasse son besoin. De cette première régression, va rester le « principe de plaisir ».

Pour Freud, il est hallucinatoire.


Lectures


Marie-Claude Lambotte, La mélancolie. Etudes cliniques, Anthropos 2007


Aristote, L'homme de génie et la mélancolie (Problème XXX)

Evagre le Pontique, Les mauvaises pensées (moine du IVe siècle en Egypte)

Robert Burton, Anatomie de la mélancolie (XVIIe siècle en Angleterre)

Forthomme, De l'acédie monastique à l'anxio-dépression

Kristeva, Soleil noir : dépression et mélancolie


Expo 2005-2006  Paris Grand Palais : Mélancolie et folie en Occident (Petit journal n° 383)


Jean-Claude



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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /Fév /2009 19:38

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Au bar Le CHANTILLY à SOUSTONS

1er et 3ème mercredi de chaque mois de 18 h 30 à 20 h



RENCONTRES ET DISCUSSIONS



Mercredi 3 mars 2009



Le voyage forme-t-il encore l'homme ?




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Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /Fév /2009 21:45

CAFE PHILO

 

 

Au bar Le CHANTILLY à SOUSTONS

1er et 3ème mercredi de chaque mois de 18 h 30 à 20 h

 

 

RENCONTRES ET DISCUSSIONS

 

 

Mercredi 18 fevrier 2009

 

 

Pourquoi prend-on des photos ?

 

 

 

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Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /Fév /2009 21:40

Une chanson peut-elle avoir (et comment)

une portée philosophique ?

 

[ Quelques commentaires sur la discussion ]

 

Qu'est-ce que la philosophie ?


La philosophie est apparue lorsque les grecs ont compris que les hommes n'étaient pas soumis au « destin », mais que l'univers possédait un minimum de rationalité qu'ils pouvaient utiliser à leur avantage pour mener une vie sage, « la vie bonne », « la vie heureuse ».


Situation française


Les philosophes français mettent l'accent sur la Raison et la connaissance.

D'où la faiblesse attribuée à la chanson pour apporter une quelconque connaissance nouvelle ou pour exprimer une théorie philosophique. L'agir est déduit de l'épistémologie.


Pour les philosophes de la période socratique, la philosophie est d'abord problème de justice au sein de la cité (voir Platon, Apologie de Socrate), d'éthique, un art de vivre. Pierre Hadot parle d'exercices philosophiques. Pour le philosophe Karl Marx (période dite de jeunesse, avant 1848) il s'agit d'une praxis et non d'une connaissance.


Position personnelle


Eminente dignité accordée à la personne humaine, fruit d'une individualisation permanente en réponse au flux des événements de la vie, l'éthique fondant la philosophie.

Victimes de la tentation de transposer le succès des sciences dures vers les sciences humaines, nous accordons trop d'importance à la connaissance, comme source de tous les bienfaits. La perception sensible permet de « voir » le monde et l'intellect permet par le raisonnement discursif, de décrire le monde. La rationalité des processus mentaux laisse entendre que l'on va ainsi aboutir à des « vérités universelles », fondements de l'agir. La pratique montre que ce rationalisme à prétention universaliste aboutit de fait au totalitarisme intellectuel.


La pensée, le concept, la raison  requièrent l'universel et le permanent pour fonctionner. Or la vie des personnes est singulière, diverse et mouvante. La notion de personne est plus affaire de valeur que de vérité. La chanson est œuvre humaine.


D'où la nécessité de transformer le monde perçu en un monde de représentations réduit à une mise en relief de ce qui a de la valeur (et non plus seulement vérité). D'où le besoin de ne pas se limiter à des images figées, mais de capter des comportements humains, des gestes. Les gestes peuvent transvaluer les valeurs et permettre la construction de la personne.


Le rationalisme adresse des individus isolés. La vie humaine concerne des personnes en intéraction, en activité.


Emotions, sentiments


Deux niveaux dans notre système nerveux.



1- Le système nerveux reptilien et limbique gère les émotions (réactions physiologiques rapides à des stimuli extérieurs) et les sentiments (sédimentation des émotions sur un plus long terme). Il permet les mécanismes automatiques de réflexes, fuite ou autres et fonde l'origine des valeurs : le plaisir.


2 - Le neo-cortex, plus récent dans l'évolution, siège de la pensée discursive adossée au langage, permet le maniement de concepts, ce qui nécessite après perception, un système de représentation (mise à distance sujet-objet) et abstraction. Le système reptilien, en arrière-plan du neo-cortex, interagit bien sûr avec lui. Il y a articulation entre les jugements de valeur, dont le niveau le plus élémentaire est issu du cerveau émotionnel et le cerveau rationnel.


Chant et société


La plupart des sociétés y compris les plus primitives utilisent le chant, probablement comme instrument de cohésion du groupe.


On ne peut nier l'influence des chanteurs engagés dont les musiques agissent comme symboles des textes associés.


Influence de la chanson ou des chants dans la religion ou la politique.


Place dans l'art


L'art en général, donc la musique et la poésie (chanson), transforme l'intériorité du sujet, modifiant sa perception des choses. L'art s'adresse aux émotions et génère un sentiment susceptible de s'associer à des pensées plus conceptuelles.


 Je pense qu'il ne s'agit pas d'une simple association une image artistique/un concept, l'image jouant un rôle d'icône, comme fonction de rappel.

La mémorisation d'une image, d'un son, d'un mot est une construction mentale élémentaire. Le cerveau peut aussi stocker des mouvements, des « gestes », moins conceptuels, moins intellectuels,  mais plus proches du flux des événements, de la distension de l'âme, donc de la vie, de la  réalité humaine. L'abstraction méprise le geste pour permettre la détermination. La détermination clôture l'individu sur lui-même. (raison => concept => détermination)


L'instantané, la photo, le concept figent, déterminent.

Le geste intériorisé transforme le sujet. Il actualise. Il rend compte des relations.


La photo permet la distance nécessaire à l'objectivation, tandis que le film se vit. Pourquoi donner priorité à l'élément et non au geste comme unité, les éléments temporalisés par la conscience n'étant que le résultat d'une décomposition analytique ? Saint Augustin cherche une explication de la phrase musicale en son entier dans le Traité de la musique. La causalité temporelle que nous croyons nécessaire pour expliquer le mouvement ou la phrase musicale n'est qu'une conséquence de l'habitude profondément ancrée dans notre cerveau et plus particulièrement dans la structure du langage, de « l'erreur de narration » (Nassim Taleb).


C'est peut-être pourquoi, la mise en musique (récitation des tables de multiplication) favorise l'apprentissage. La musique, aussi bien le chant grégorien des églises que les fanfares des régimes totalitaires, créent un climat intérieur, individuel et collectif. Les soviétiques, sevrés de contestation, fredonnaient l'air de Lara du Docteur Jivago, film censé interdit. Les chanteurs n'exercent pas une influence uniquement par un message conceptuel, mais plutôt par les symboles, les icônes, qu'ils manient et peut-être davantage par les sentiments qui touchent l'âme, le cerveau émotionnel.


C'est pourquoi les politiques se méfient des artistes, par ailleurs portés à la contestation. Marxistes et nazis ont opéré une mainmise totale sur l'art.


Les intellectuels méprisent le geste et sont convaincus de la dimension irrésistible des pulsions internes pour expliquer le processus de création. Un doctorant de l'EHESS  a présenté une thèse sur l'importance des gestes, des manipulations expérimentales répétées dans la compréhension des lois de l'électrostatique par Faraday. La répétition du geste, de l'air fredonné, s'incarne dans le système nerveux.

Voir neurosciences.

Gilles Châtelet, Les enjeux du mobile

Bergson, Matière et mémoire


La chanson, comme les autres œuvres artistiques, se construit par accumulation de perceptions émotionnelles suivies d'une maturation consciente ou inconsciente, d'où émerge un jour favorable, une création. Phénomène personnel, il a aussi une composante collective qui provoque une trans-individuation collective.

Voir Gilbert Simondon.

Voir Rilke - Les cahiers de Malte Laurids Brigge, page 36, édition de poche (sur l'éclosion d'un vers chez le poète)


Création artistique


La tragédie grecque, à l'époque du « miracle grec », allie la musique et la poésie. Pour Nietzsche, sa naissance a été rendue possible par l'harmonie entre le dionysiaque (musique et poésie) et l'apollinien (raison). Le dionysiaque, état « d'ivresse » interne favorise la perception (pathos) du réel, en mouvement permanent sans causalité, pour créer les formes esthétiques. La chanson, par son climat,  joue un rôle identique.


Nietzsche, Naissance de la tragédie grecque

Paul Audi, Supériorité de l'éthique (sur l'esthétique et « l'ivresse »)


Conclusion


C'est l'audition en 1968 du poème symphonique « Ainsi parla Zarathoustra »  de Richard Strauss qui m'a donné envie de lire l'œuvre de Nietzsche.

(Ouverture du film : 2001, l'Odyssée de l'espace)


Jean-Claude



Lecture


François Cheng - Cinq méditations sur la beauté



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Mardi 3 février 2009 2 03 /02 /Fév /2009 12:16

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Au bar Le CHANTILLY à SOUSTONS

1er et 3ème mercredi de chaque mois de 18 h 30 à 20 h



RENCONTRES ET DISCUSSIONS



Mercredi 4 février 2009


Une chanson peut-elle avoir
(et comment)
une portée philosophique?


Ecoutez la chanson :
« Le petit oiseau » de Didier TOUSIS

http://www.didier-tousis.com/extraits-audio.html 


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Vendredi 23 janvier 2009 5 23 /01 /Jan /2009 18:17


La notion de besoin.

L'intitulé de notre thème s'articule autour de la notion de besoin, ceci sous-entend que nous devons nous placer dans une perspective fonctionnaliste impliquant que le rapport entre l'être humain et les règles est de nature univoque.

Employer la notion de besoin, nous conduit à accepter que l'on modélise la société humaine en la comparant au fonctionnement du corps humain, et qu'ainsi, tout ce qui existe dans notre société est socialement utile, et remplit une fonction, tel un organe, qui concoure au fonctionnement harmonieux d'un ensemble biologique.

Il n'y a donc dans notre thème de réflexion nul questionnement nous demandant de réfléchir sur la nature du lien pouvant exister entre l'humain et les règles, mais uniquement sur sa fonction.


En reformulant le thème, on pourrait énoncer la question suivante : Pourquoi les règles nous servent-elles à vivre ensemble ?



Pour éclairer ce questionnement je présenterais rapidement deux points de vue, l'un ontogénétique en prenant appui sur la fonction de la règle dans l'évolution du jeu chez l'enfant, l'autre phylogénétique sur la constance des règles dans les sociétés humaines.

Bien sûr je ne ferai que survoler ces thèmes afin de ne pas alourdir le temps de présentation.



Perspective ontogénétique.

Lorsque le jeu de l'enfant, vers 2 ans, se différencie de celui de l'animal, c'est essentiellement par l'imaginaire que cela se produit (jeu d'imitation, du faire semblant), la règle est alors individuelle, fantasque, et varie au gré des thématiques. L'enfant n'a pas besoin des autres...

Puis l'enfant joue avec les autres, d'abord côte à côte puis ensemble. Certaines règles apparaissent pour ordonner le jeu, mais elles sont fluctuantes. Dans les jeux individuels, elle est encore arbitraire (suivre le bord du trottoir, marcher sur un pied, répéter une phrase difficile, etc.)

Puis plus tard, dans les jeux collectifs et traditionnels, les règles, souvent héritées du passé, deviennent très strictes, impliquant souvent des comportements rituels (la transgression de la règle s'accompagne à ce moment d'une forte réprobation collective)

De cette rapide évocation, on remarquera d'abord que la règle permet à l'enfant de jouer avec les autres, la soumission à la règle permet l'action collective.

Donc pour revenir à notre thème, la règle permet à l'enfant de co-exister [exister avec les autres] !!!

Une seconde remarque, peut-être pas anodine, attire notre attention sur le fait que, dans la cour de l'école, les filles, lorsqu'elles jouent, elles s'entraînent au respect de la règle tandis que les garçons recherchent la prouesse et jouent avec la règle !!



Perspective phylogénétique

Claude Lévi-Strauss a cherché et montré qu'au-delà des cultures différentes il existe des règles immuables qui caractérisent l'espèce humaine.

Pour donner un exemple, désormais célèbre, il met en évidence la règle de la prohibition de l'inceste, qui interdit le mariage à l'intérieur d'un certain champ de parenté, est à la fois universelle (elle existe comme telle dans toutes les sociétés) et relative (elle se présente sous des modalités différentes dans les différentes sociétés).

En fait, cet interdit n'est que le négatif (au sens photographique du terme) de la règle fondamentale de l'échange (la réciprocité du don) sans laquelle la société ne pourrait exister : interdire l'union dans le groupe, c'est induire l'échange des conjoints entre les groupes et donc l'alliance.

Cette évocation rapide, d'une règle qui organise et structure des sociétés, illustre une phrase de Claude Lévi-Strauss : "partout où la règle se manifeste, nous savons avec certitude être à l'âge de la culture".

On voit ici que la fonction de la règle est de permettre à la société d'exister, c'est-à-dire, dans sa perspective de passer de l'état de nature à celui de culture.

Dans le même esprit, j'aurai pu évoquer ce que disait S Freud dans "Totem et tabou".



Questionnement.

Au-delà des règles que je viens d'évoquer, que l'on pourrait qualifier, pour aller vite, de contrat pour les jeux de l'enfant, de morale pour ces règles structurales, il existe aussi d'autres règles plus modernes, plus changeantes, plus politiques telles que : le droit, et la législation.

Ils apportent d'autres réponses sur les règles de vie en société humaine.


C'est ce que nous allons vous proposer maintenant :


André

. Jean Chateau, Le jeu de l'enfant, Paris, Vrin, 1967.

. Claude Lévi-Strauss, Les Structures élémentaires de la parenté (1949), Tristes Tropiques (1955).


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Vendredi 23 janvier 2009 5 23 /01 /Jan /2009 12:12

CAFE PHILO



Au bar Le CHANTILLY à SOUSTONS

1er et 3ème mercredi de chaque mois de 18 h 30 à 20 h



RENCONTRES ET DISCUSSIONS



Mercredi 4 février 2009


Une chanson peut-elle avoir
(et comment)
une portée philosophique?


Ecoutez la chanson :
« Le petit oiseau » de Didier TOUSIS

http://www.didier-tousis.com/extraits-audio.html 


Ouvert à tous

Blog : http://cafephilo.soustons.over-blog.com/


Pour tous renseignements : Tél. : 05.58.41.31.28 ou 05.58.41.22.63 HR


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